La population face au cancer

Tous les 5 ans, la Fondation Cancer commandite une enquête auprès de TNS Ilres sur les attitudes, connaissances et comportements de la population résidant au Luxembourg face au cancer. Le sondage réalisé en hiver 2012 montre divers constats intéressants, comme par exemple que la population a du mal à hiérarchiser les facteurs de risque du cancer.

Le cancer touche une grande partie de la population : 2% sont actuellement en cours de traitement, 7% ont été traités dans le passé et plus d’un tiers ont une ou plusieurs personnes atteintes de cancer dans leur famille proche.

Ces chiffres montrent bien que le cancer devrait figurer parmi les préoccupations des responsables politiques. Or, d’après la population, ce n’est guère le cas : plus de la moitié estime que les responsables politiques ne se préoccupent pas du tout ou trop peu du cancer.

Par contre, les personnes interrogées se montrent satisfaites de la prise en charge médicale au Luxembourg. Près de la moitié de la population la juge comparable à celle de l’étranger. Autre constat positif : 45 % de la population fait confiance à la médecine classique pour guérir d’un cancer ce qui est une augmentation de 7 points par rapport à 2007.

Prévention : il reste beaucoup à faire

En ce qui concerne la prévention, plus de la moitié des personnes indique ne jamais avoir été questionnée par leur médecin sur leurs comportements. Chez les jeunes de 16 à 34 ans, ce chiffre grimpe même à 76%.

L’étude révèle que la population a beaucoup de mal à hiérarchiser les facteurs de risque du cancer. Les facteurs de risque faibles ou inexistants, comme ‘pollution’ ou ‘vivre à côté d’une centrale nucléaire’, sont perçus comme étant très importants. Idem pour le stress et le choc psychologique. Au contraire, les vrais facteurs de risque, comme la sédentarité et l’obésité, sont sous-évalués.

Selon Marie-Paule Prost-Heinisch, directrice de la Fondation Cancer, une des raisons pour cette fausse perception, est d’une part la surinformation du public : bombardés de toute part par des informations, les gens ont du mal à hiérarchiser les risques ou à distinguer le vrai du faux. D’autre part, elle estime « qu’une grande partie de la population n’aime pas particulièrement l’idée de la responsabilité individuelle dans la prévention du cancer, car cela signifie aussi changer ses habitudes et son mode de vie. Ils préfèrent blâmer la génétique ou la société».

La population se montre en revanche bien informée sur les dangers du soleil. Tout de même, le fait qu’un tiers croit que le solarium protège la peau contre les coups de soleil, est alarmant.

Il ressort clairement de l’enquête qu’il faut mieux informer pour nuancer les différents facteurs de risque et donner plus d’importance (et d’informations) aux facteurs de risque comme l’alcool, l’obésité et l’inactivité physique. « Ces facteurs de risque sont clairement sous-évalués, contrairement à d’autres facteurs auxquels on donne beaucoup trop d’importance », conclut Marie-Paule Prost-Heinisch.

Cliquez ici pour télécharger la présentation complète sur l'enquête (pdf)

Cliquez ici pour téléchargez l'article sur l'enquête paru dans 'Info Cancer’ 73 (pdf)

Dernière modification le 9 juillet 2013

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